Portraits  de  maîtres :

 

Les ténors de l'amphi C

 

1957

 

par Jean-Louis Jacquemin

 

 

Ils régnaient dans l’amphi C ou dans d’autres, ils furent nos Maîtres.

Ils forgèrent notre jeunesse et, pour certains d’entre nous, passèrent un flambeau

 que nous nous sommes efforcés de transmettre à notre tour.

 

Nos années d’étudiants, sans eux, n‘auraient eu ni sel, ni sens, ni raison.

Ils restaient cependant des hommes et leur personnalités n’étaient pas neutres.

 

Certains nous ont marqués à vie.

Mais tous, finalement, méritent cet hommage car nous leur devons l’essentiel :

Ce confort magnifique d’avoir été formés.

 

 

 

Rappel - Ces souvenirs s'étendent sur plusieurs écrans à la suite les uns des autres et il vous faudra dérouler

en cliquant chaque fois sur le titre de l’écran suivant

 

 

 

Berlande :

le Nosferatu des éprouvettes

 

A tout seigneur tout honneur le Maître incontesté de l’amphi C  fut Berlande.

Berlande n’avait rien, physiquement, pour devenir la terreur de l’amphi.

Il était grand et un peu voûté, plutôt maigre, avec un long cou que surmontait un crâne démesuré et chauve. Il avait de grosses lunettes d’écaille qui  lui donnaient, de loin, un air d’échassier étonné. Avare dans ses gestes qui étaient toujours d’une lenteur calculée, il ne manquait pas d’une prestance un peu surannée . Il affectionnait les costumes bleus pas trop vifs et bien coupés qui paraissaient pourtant flotter autour de lui. Il les égayait volontiers d’une cravate bordeaux, discrète, elle aussi.

Berlande aurait pu avoir l’air d’un Père tranquille ou d’un bon Oncle un tantinet guindé et solennel, et l’était sans doute.

Et pourtant !

Quel frisson lorsqu’il apparaissait !

 

 

 

L'ami Berlande, dans l'amphi C en train de rendre les interrogations écrites (imaginez le silence de mort ...).

A sa gauche l'escalier qui descendait du hall. Les manteaux sur la rampe indiquent qu'on est en hiver. Tiens ... cette colonne ! Je ne m'en souvenais pas du tout. C'est pour ça sans doute que j'avais cette impression de théâtre ...

A revoir la fragile silhouette de Berlande je me demande comment il faisait pour arriver à nous terroriser autant !

Photo due à la courtoisie de Jean-Pierre Multedo (promotion PCB 1956-57)

 

 

Berlande régnait sur l’amphi C dans la terreur glacée qu’inspirait un regard d’acier pâle qui vous perçait comme un laser et dans le silence de cathédrale qu’engendrait sa voix étrangement calme dont le timbre surprenant inquiétait à force d’être neutre et contrôlé.

 Redoutable et froid, malgré sa fragilité apparente, Berlande s’appliquait à montrer, en cours, autant d’affectivité qu’un crocodile à l’affût et y parvenait très bien.

A l’affût il l’était. Il voyait tout. Il épiait tout.  Il savait tout. Il devinait tout. (1 )

Berlande, surtout, vouait à la Déesse Chimie une passion coupable,  un culte au bord de l’idolâtrie. Il lui aurait sacrifié tout l’amphi.

Ce culte avait pour bible le fameux polycopié vert « résumé » en 3 volumes, remarquablement clair au demeurant, que vendait Granier (à moins que ce ne fusse Gaby, j’ai un doute tout d’un coup) et que nous étions censés savoir, triple pavé très peu allégé, verset par verset, comme des sourates.

 Bon enseignant Berlande passait ses 9 heures  de cours hebdomadaires à les disséquer au tableau, à la virgule près, sans un fléchissement. Le pire c’est qu’on pensait avoir compris, car tout, dans sa bouche,  coulait de source. 

Mais quand il fallait apprendre et  encore plus, restituer : bernique ! L’os  était sans doute trop gros. En tout cas trop gros pour moi.

De plus Berlande qui posait des questions « fleuves » en intéro écrite, ne posait que des questions «  pointues » devant son tableau privé,  dans le bureau du 3ème étage, près de la salle de TP, où il « recevait » régulièrement les Lundi et il n’y souffrait que la réponse complète et parfaite. 

Il nous regardait consterné quand nous patinions ou hésitions un peu : « C’est pourtant simple.. » et il reprenait, d’un air accablé, le paragraphe du cours qui paraissait à nouveau limpide : « Retenez bien ça, Jacquemin, c’est important vous savez ! Vous reviendrez la semaine prochaine.. ». Finalement il était encore plus désolé que fâché, car c’était, au fond, un excellent homme.

 

Dans l’amphi le cours avait ses rites.

 

Berlande faisait d’abord un tour d’inspection aller-retour sur la scène en scrutant l’amphi. Son regard donnait l’impression de croiser chaque regard et le ceux de l’estomac vous chatouillait bizarrement car on se sentait tout d’un coup bien capable d’être coupable.

 Le silence qui s’était établi au  premier frémissement de la poignée de porte devenait opaque. Il saisissait alors la craie et, après une seconde interminable, suspendue dans un vide sidéral, annonçait le menu : «  aujourd’hui nous allons examiner ensemble les effets de la loi de Guldberg et Waage ».. … C’était parti.

 

Berlande, standing oblige, n’officiait pas sans l’aide de son esclave dévoué, Granier, âme damnée doucereuse et servile, préposée au chiffon, à la craie et aux caprices du Maître.

 Avec ses cheveux gominés vers l’arrière, son air d’avoir deux airs, ses silences pleins de sous-entendus et son éternel sourire en coin, Granier nous agaçait quelque peu, ce qui n’en faisait pas pour autant un mauvais bougre.

Souvent, avant le cours, il restait tapi près de l’entrée ou accoudé en haut de l’escalier pour « mater »  et attendait, impassible et muet que nous rentrions pour regagner son poste près du tableau.

Nous soupçonnions sans preuve Granier de « cafter » : Il avait trop le physique de l’emploi ! Quand il passait près des travées pour aller effacer le tableau, glissant comme une ombre à l’appel du doigt impérieux de Berlande, et traînant la savate dans son cache-poussière gris, nous lui lâchions au passage, à voix basse : « S’clave ! S’clave ! » ou « S’pion ! S’pion !». Ce qui accentuait encore son sourire  béat de cancrelat volontaire.

 On ne lui en voulait pas pour autant. Cela  faisait partie des rites.

 

 

(photo J.-L. Jacquemin)                                        (photo J.-L. Jacquemin)

 

 

La chimie c’était aussi les TP dans une salle lumineuse du troisième étage avec Pottier, un Chef de travaux charmant et débonnaire.

 

 

(photo J.-P. Multedo)                                        (photo J.-L. Jacquemin)

 

 

C’était le monde des cornues, des vapeurs suffocantes aux lueurs violettes, des ballons à l’alchimie imprévisible, des indicateurs colorés qui n’en finissaient pas de virer, des burettes aux graduations perfides, des alambics  baveurs et des béchers barboteux qui crevaient de grosses bulles fétides à l’odeur infecte d’œuf pourri, preuve éclatante que, synthèse réussie, on avait bien  réussi à fabriquer H2S.

 

 

Durchon l'incomparable :

noirs sont les cheveux de la renommée

        

Si Berlande était le Maître de l’amphi C,  Durchon en était sans contestation la Star absolue, le Dieu-vivant..

 

 

 

Elégant, à l'aise et décontracté : Durchon face à son public. Il avait à peine dix ans de plus que nous.

(photo J.-P. Multedo)

 

 

            Durchon était une acquisition récente.

 

         La Fac d’Alger avait  bonne réputation en Province où l’on se plaignait de la morgue et de l’ostracisme parisiens. On la savait stimulante, ouverte et accueillante. Cela nous valut de récupérer plus d’un jeune agrégatif cherchant un turbo ou d’un agrégé brillant piaffant dans l’attente d’un poste.

            Durchon était ce que l’école Lilloise avait de plus brillant sorti de son vivier. Ses travaux sur les annélides  faisaient déjà autorité. Il rejoignait à Alger un labo qui avait déjà des « gloires » bien établies : Francis Bernard en Zoologie, Hollande en Biologie. Sans oublier quelques étoiles montantes comme François Vaillant, Raymond Vayssière et les frères Cachon. Sans oublier non plus  Dieuzeide, un peu à part à la Station Maritime mais également remarquable et puissamment original.

Durchon était pour Alger un renfort exceptionnel et il fut, pour nous, une aubaine inespérée car à ce niveau d’enthousiasme, d’intelligence brillante, et de maîtrise  de la parole comme de la pensée, on marque définitivement les élèves. En tous cas ceux qui sont sensibles à la matière enseignée.

Durchon avait tout et son brillant ne se nourrissait pas de facilité.

C’était un enseignant hors pair ;

Clair, limpide même, son exposé d’une aisance surprenante vous tenait en haleine.

J’ai le souvenir, notamment en embryologie générale d’avoir effectivement bu ses paroles et attendu  la suite de leur  développement avec gourmandise. Il ouvrait des horizons.

Son écriture élégante relayait harmonieusement sa pensée, illustrée au tableau par des schémas d’une étonnante facilité. Depuis Choski et Mozziconacci, à Gautier, je savais qu’on juge un enseignant au reflet qu’il sait transmettre de lui-même à son tableau. Durchon aussi avait  ce don.

Brillant, Durchon était également exigeant. Il suscitait la rigueur. Il n’acceptait que la rigueur. Pour m’être un peu laissé vivre après une interrogation écrite particulièrement réussie dont il m’avait félicité (2), je me fis sérieusement sonner les cloches quelques jours après : « Et alors Jacquemin ? On dort sur ses lauriers ? Vous allez me faire le plaisir de remettre la « gomme » ! Et je ne veux plus de coups de frein après les coups d’accélérateur ! ». Dont acte.

 

Durchon fait partie des quelques maîtres qui m’ont marqués à vie et dont je revendique l’héritage. En rentrant en SPCN j’avais des penchants de naturaliste et d’entomologiste. En quittant les cours de Durchon, j’étais, pour la vie, devenu un biologiste avant tout autre chose.

 

J’étais tellement fasciné par la séduction du biologiste et de l’orateur que je mis du temps à réaliser qu’il était également doté d’une séduction « tout court » qui remplissait les fantasmes de nos chères camarades d’amphi au point de désespérer leurs soupirants.

 

Durchon était très typé et il n’était pas typé méditerranéen. Par rapport aux bellâtres  hâbleurs et bronzés qui traquaient nos donzelles, il ajoutait à son aura de « charmeur talentueux des amphis » l’ exotisme  d’un produit  « off shore » au charme inusité.

Et c’est vrai qu’il avait tous les attributs d’un séducteur.

L’aisance tranquille d’un homme qui sait ce qu’il vaut sans que ça l’ait gâché et qui sait qu’il plaît.

Cette élégance dans les gestes, ce chic de l’attitude, ce port si naturel du costume, qui ne viennent qu’à ceux qui les possèdent d’instinct.

 Une voix de velours, chaude, nuancée, prenante,  mouvante dans les graves et avec cela piquante, volontiers teintée d’humour et de moquerie.

 Un regard sombre, pétillant et malicieux.

 Un front  haut, dévoré d’un flot de cheveux noir de jais ondulant leurs mèches souples  en un  casque au modelé impressionnant.

Par contraste une blancheur de teint inusitée, si fort au Sud.

A côté de cela, le nez frémissant et la lippe sensuelle d’un amoureux des sens et de la vie, d’un « connaisseur ».

Redoutable !

Un must, on vous le dit, une vraie calamité, un alien , on pouvait pas lutter !

 

Surtout Durchon avait de la « tenue ». En toutes circonstances, il était à sa place et savait y rester. Une très, très grande pointure.

 

 

Retour vers le futur :

Durchon, vingt ans après 

 

J’ai retrouvé Durchon dans une autre vie.

Après un parcours de carrière métropolitain, difficile mais enrichissant qui n’a pas sa place ici, j’ai fini par monter ma propre « boutique » de « Parasitologie et Epidémiologie Tropicale » à Poitiers, avec l’équipe et le Service de CHU qui vont avec.

J’ai conservé cette originalité en médecine de vrais liens avec la Fac des Sciences, notamment les laboratoires de Zoologie et de Biologie des Organismes. Et monté, dès les années 80 avec leur aide, un enseignement de Biologie Parasitaire et Fongique, transversal aux deux UFR,  validant des UV de troisième cycle dans les deux cursus.

Le labo de Biologie invita  Durchon pour une conférence de Prestige sur l’Evolution sans savoir que j’avais des liens  affectifs avec lui.

 Durchon avait retrouvé la Chaire de Lille et était devenu, on s’en doute, l’autorité majeure, la référence, le Ponte de la discipline au plan national. On le recevait avec des égards de VIP. Il était malheureusement, je le savais par Denise Coustaut, qui était elle aussi en poste à Lille, très sérieusement malade. Ca se voyait à peine.

Je m’installai dans le public avec l’enthousiasme et l’appétit de mes 20 ans . Ca me rajeunissait tout d’un coup. La boucle, là aussi, se bouclait.

Durchon fût, à son habitude, brillant. Il n’avait rien perdu de son aura ni de son charme, ni de sa force de conviction. Le temps pour moi s’était arrêté. Un pont se recréait avec ce passé englouti, si présent de nouveau. La voix de Durchon, égale à elle même, résonnait dans un amphi et j’étais à nouveau sur les gradins.  Et pourtant je n’étais plus l’étudiant d’Alger. J’étais fier d’avoir apporté ma pierre. D’avoir fait fructifier l’héritage. 

J’assistais, en connaissance de cause à la performance d’un collègue.

Durchon devait savoir que j’étais dans la salle. Il m’adressa tout en parlant ce mince sourire et ce pétillement des yeux, imperceptibles pour d’autres, dont il avait le secret. La lumière qui passait par les baies de la salle prit, tout d’un coup, une coloration différente. Après tout si Durchon et moi pouvions nous retrouver, sur fond de discussion passionnante, dans la chaleur d’un amphi passionné, c’est que cette terre du Poitou n’était pas un lieu d’exil mais un simple biotope, un caprice nécessaire, de cette nécessaire évolution. Tout rentrait dans l’ordre.

Je retrouvais Durchon après le cours (tiens ! un lapsus qui en dit long !).

Toujours la même classe. La même tranquille élégance. La même indépendance d’esprit. La même indépendance tout court.

Il fût agréable, chaleureux et amical :

 

Nous ne parlâmes pas d’Alger mais Alger était présent derrière les mots :

- « Content de vous voir, Jacquemin, toujours la passion des parasites à ce que je vois ? »

- « toujours, Monsieur, et j’ai gardé le pied sur l’accélérateur, cette fois… 

Touché ! Durchon a de la mémoire lui aussi, et son regard se met à rire silencieusement. Il hausse imperceptiblement les épaules…Bon sourire :

- « Je n’ai jamais eu le moindre doute, vous savez, Jacquemin ! »……«  L’hôpital ne vous absorbe pas trop ? » ( sacré Durchon, il a digéré plusieurs questions-réponses aller-retour en ping-pong sans avoir eu besoin de les poser ni d’ entendre les réponses).

- « OH !  que si ! il me dévore, c’est une pieuvre ! mais c’est un métier intéressant.. J’essaie de ne pas trop lui vendre mon âme, cependant.. C’est difficile parfois…  »

- « Vous y réussissez pas trop mal, si je crois ce qu’on m’en dit. Votre labo a très bonne presse parmi nos stagiaires de DEA. Ce n’est pas si mal, avec tous les aléas que vous devez maîtriser! Je vous félicite...  Et tous ceux que vous  avez  dû surmonter !..  (un ange passe, mais est-ce un ange ou un djinn ?)

- Et puis c’était votre chemin...  votre voie »…  (Durchon répond toujours à plusieurs questions à la fois.)

 

Nous échangeons encore quelques propos, des nouvelles des uns et des autres. Il m’en demande de mon Père, de mes thèmes actuels de recherche. De mes projets.

Derrière moi le Fan-Club s’impatiente : j’ai accaparé la Vedette ! Je la libère sur une poignée de main plus que cordiale..

Rencontre de routine, rencontre professionnelle, et pourtant, quelle joie!

Je croise encore un peu plus tard Durchon à un buffet. Nous ne nous reverrons plus. Quelques mois plus tard, sans avoir jamais faibli, ni désespéré, ni baissé les bras, il nous quitte définitivement. J’ai eu le temps, en aparté,  de redevenir l’élève, de lui dire tout ce que je lui dois. Bizarrement ça l’a presque surpris : « Vous aviez le virus , Jacquemin, tout simplement ! c’était déjà en vous.. »

Je range Durchon dans ma mémoire.

 

 

Et tous les autres…

 

J’ai volontairement ciblé les maîtres qui me marquèrent plus spécialement en SPCN (voir ci-après pour les physiciens) mais il y en eut d’autres, en Sciences Naturelles.

Laffitte, Quézel, Guinochet, étaient aussi des ténors qui marquaient durablement.

Bien que plus journaliers, Hollande et Bernard savaient être très brillants. Les bons jours, c’étaient des « Grands ».

Ils restent tous mes Maîtres et je leur suis infiniment  redevable (comme à mes « Patrons » de Médecine), de leur enseignement.

Je les évoquerai brièvement au chapitre de la Licence.

 

J’aimerai cependant que des grandes figures comme celles de Laffitte ou Guinochet et quelques autres, soient évoquées et restituées dans toute leur richesse par des élèves de leur spécialité ayant étés marqués par eux.

Ces colonnes leur sont ouvertes et la mémoire de ces Maîtres, comme notre mémoire à nous, ont besoin de leur témoignage.

D’avance merci

 

Pour lire la suite de la galerie de Profs du SPCN, cliquer sur le titre

Les Gaîtés de l'amphi de Physique 

Cliquer

 

Notes :

 

(1)    Savelli qui était Pion (à Bugeaud, je crois) arrivait régulièrement avec 2 ou 3 mn de retard, et attendait pour se faufiler discrètement au bout du banc (qui, complice, s’était resserré) que Berlande se soit tourné vers le tableau.  A la première intéro où il fût aussi piètre que tout un chacun,  Berlande lui dit très tranquillement de sa voix glaciale : «  Monsieur Savelli vous êtes arrivé régulièrement avec plusieurs minutes de retard en croyant que je ne vous voyais pas. Vous feriez mieux d’être à l’heure et de savoir votre chimie ». Il ne se le fit pas dire deux fois.

 

(2)     Le sujet était « cycle biologique des Plasmodium ».C’était déjà mon sujet favori et je l’avais préparé avec soin en mettant au point un schéma original qui se démarquait un peu de celui de Durchon et même de celui de mon père. J’ai mis une sorte de point d’honneur et de continuité à ce que ce schéma me serve toute la vie (y compris il y a quelques jours) pour mes étudiants .Et chaque fois que je l’expose, je repense à Durchon, à l’amphi C et je me mets à la place, non sans une certaine tendresse, des visages appliqués devant moi. J’aime que la boucle soit bouclée. Et je ne me sens pas devenu si différent que ça pour être passé de l’autre côté du miroir. C’est peut-être la raison d’une vraie complicité, depuis toujours, entre mes étudiants et moi. Et pourtant, j’applique la règle : Je suis exigeant moi aussi ! Croyez moi !

 

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