Dom - bala - boum !

 

Texte et dessin de Jean BRUA

 

 

 

 

 

 

Plusieurs témoignages récents ont évoqué dans le Livre d’Or les danseurs nomades qui faisaient des apparitions saisonnières dans les rues d’Alger, en rythmant leurs rondes au son de tambourins, de raïtas et de sortes de castagnettes en fer  que Jean-Paul Follacci me dit être des qarqabous .

Notre correspondant algérien Tebtoub nous éclaire sur l’origine de ces musiciens :

La troupe des « Baba Salem » fait partie d'une confrérie et leur origine vient du Soudan. Ils étaient toujours accompagnés d'un veau noir, couvert d'un tissu en velours noir, brodé de couleurs. Tous ceux qui leur donnaient des pièces d'argent, recevaient un peu de djaoui, sorte de pierre qu'on mettait dans un récipient chauffé par le bas par une braise de charbon ; il paraît que l'odeur dégagée fait fuir les mauvais esprits. La troupe existe toujours, mais sans le veau.

Bien à tort - car il s'agissait de paisibles saltimbanques - certaines mamans des quartiers visités les appelaient  « baba salem » (au sens de « pères Lustucru ») pour faire tenir tranquille leur progéniture.

Et, de fait, c'est avec une curiosité mêlée d'inquiétude que les enfants assistaient à leur brève sarabande, toujours saluée par une pluie de piécettes tombées des balcons.

La sagesse revenue, je préfère me souvenir d'eux sous le vocable de « dombaladiers », brodé par mon cousin Pierre à l'âge de 4 ou 5 ans, sur le tempo obsédant de leurs instruments :

DOM-BALA-BOUM  !  DOM-BALA-BOUM  !

 

Les qarqabous

 

J. B. (Novembre 2005) 

 

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