Le peintre Benaboura

 

raconté et dessiné

par Jean BRUA il y a 50 ans

 

Les photocopies ci-dessous sont extraites d’un numéro d’Alger-Revue de l’année 1957 où Jean Brua, journaliste débutant, rendait hommage, par la plume et le crayon, à Hacène Benaboura, que venait de distinguer le Grand prix artistique de l’Algérie. Retour d’un demi-siècle sur l’événement, sur l’artiste et sur la publication municipale qui, tous les deux mois, récapitulait sur papier glacé les moments marquants de la vie algéroise.


 

 

 


 

Les applaudissements du Tout-Alger

 

 

La gloire de Benaboura en marche. Inconnu pendant la plus grande partie de son existence, l’ex-peintre en voitures, révélé au grand public par son Grand prix, s’est trouvé presque du jour au lendemain au centre des mondanités algéroises. Le voici, lors de son exposition de 1958 à la galerie Comte-Tinchant (haut de la rue Michelet) entouré de personnalités du monde culturel et artistique : l’éditeur Edmond Charlot (qui le pousse vers les invités), le peintre Sauveur Galliero (au fond, col ouvert) et le sculpteur Henri Chouvet (plus haute taille), qui réalisa la statue de Sainte-Rita pour l’église du même nom à Belcourt. On doit ce document inédit au photographe Jacques Roche (voir le chapitre « Alger-Revue ») et à sa sœur Aline Roche-Stagliano, présente sur la photo (à l’extrême-gauche) en  tant qu’hôtesse de la galerie d’art. La gloire de Benaboura demeure (sa cote est élevée sur le marché de l’art) mais l’homme n’a survécu que moins de dix ans (1970) à la dispersion de ses amis artistes  pieds-noirs.

 

La Casbah d’Alger (huile de 1958)

 

La plage de Pointe-Pescade


 
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« ALGER-REVUE » 

Apprentissage sur papier glacé

La mini-rédaction d’Alger-Revue en 1957. De g. à dr. : Brua, Mlle Marigot (secrétaire), Rebaud. La photo est l’œuvre du regretté Jacques Roche (en médaillon, à droite), Bains-Rominois bien connu, photographe officiel à la Mairie d’Alger et reporter au Journal d’Alger et à Photo 49.                        
Doc. J. Brua et Marc et Aline Stagliano

 

Alger-Revue, la luxueuse publication de la municipalité de Jacques Chevallier, a accueilli, entre 1956 et 1958, mes débuts dans le journalisme. Elle était animée par un vétéran de grands quotidiens nationaux d’avant-guerre, René Lapeyronie qui, sous des dehors d’original (cheveux rares, lissés et teints à la Sidi Oups, sourcils dessinés) et avec un penchant marqué pour le scotch et le jeu (le casino Aletti n’était pas loin), connaissait le métier aussi bien que ses poches à trous et m’en apprit rudement l’essentiel.

On comprendra que je garde une tendresse particulière pour cette période de formation « sur le tas », partagée avec le volley, le RUA, la rue Michelet et, plus ou moins assidûment, les cours à la Fac de Lettres.

Grâces soit rendues à notre amie Jacqueline Blanc d’avoir déniché à la Bibliothèque nationale cet article vieux d’un demi-siècle où je m’essayais à la critique d’art sans bien mesurer, sans doute, la chance qui m’était donnée de rencontrer un homme et un artiste de la valeur d’Hacène Benaboura.

J.B.